angst

août 5th, 2009 § 1

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Les crises d’angoisse deviennent plus profondes. Les crises d’angoisses deviennent plus graves. Les crises d’angoisse deviennent plus absolues. C’est longer des murs. C’est se heurter à un trou. C’est dériver sans comprendre dans la nuit de la ville et la nuit qu’à soi-même on est. Tout vaudrait mieux que reprendre. Tout vaudrait mieux que continuer. Tout vaudrait mieux qu’affronter. Les crises d’angoisse deviennent permanentes. On les tient vaguement à distance, comme du bras quelqu’un qui vous sollicite, comme d’un détournement quelqu’un qui mendie, comme la porte fermée à quelqu’un qui veut absolument tout vous dire et vous expliquer, pourvu que cela le concerne lui et seulement lui. Les crises d’angoisse sont solitaires. Les crises d’angoisse sont secrètes. Les crises d’angoisse sont tournantes : sur soi-même on tourne, en soi-même on tourne. Les crises d’angoisse sont la boule du dedans devenue la boule complète du tout : et tournent sur les parois le décor des villes, et le souvenir des appartements, et le gros plan déformé des visages, et la rémanence des voix. Et tournent sur les parois du dedans la découpe des toits, la perspective des rues : on est, au milieu de tout cela, immobile et crispée, cette silhouette effrayée, accroupie sur elle-même et serrant ses genoux et son front dans ses bras, prête à l’immense chute : on le pense avec sérieux, considération, opiniâtreté, qu’arrêter est la seule solution maintenant irréversiblement à vous laissée. On voudrait, du fond de la crise d’angoisse, n’être pas ce vous. On a compris que si la crise d’angoisse s’allégeait avant qu’on soit définitivement ce vous, on aura une chance d’attendre ici la suivante, même plus forte, même plus terrible. On a juste appris, dans ses os, ses genoux, son front, qu’il ne s’agit que d’une possibilité d’ordre statistique  : on trouve même en cela part discrète de résistance, consolation, abandon. La crise d’angoisse est votre définition.

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§ One Response to “angst”

  • virginie dit :

    la crise d’angoisse, la chose que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi, c’est trop dur. je me souviens « il n’y a pas plus malléable que l’angoisse » disait une amie psy et moi me raccrochant à cette idée du malléable comme de la pâte à modeler, du malabar. donc çà se modèle. la crise d’angoisse, je pense que je vais mourir, le psychiatre dit c’est une attaque de panique, le crétin. c’est pas çà, moi çà dure des heures. je longe les couloirs des bibliothèques du 13ème, j’ouvre des livres, j’ai les doigts un peu collants par les couvertures, je découvre que kierkeggard décrit bien ce que je ressens, çà me donne envie de faire pipi l’angoisse, j’emprunte kierkegaard, je pense mourir dans les toilettes. j’emprunte les manuels de psychiatrie DSM machin,je pense que moi c’est angoisse avec phénomène de déréalisation et pas dépersonnalisation. ouais. çà dure des années, je constate que en effet çà passe! la crise s’arrête en faitau bout d’un moment. un jour je comprends enfin que çà n’est pas « extérieur », c’est moi qui l’ai faite tte seule cette angoisse! là çà commence à aller mieux. quand j’en ai une j’arrive -et c’est incroyable- à, très légèrement, me mettre à distance.

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